Gaz renouvelable

Lorsque l’on pense énergie renouvelable, viennent spontanément à l’esprit la production d’électricité à partir du soleil (solaire), du vent (éolien) et de l’eau (hydraulique). Il existe pourtant une autre forme d’énergie renouvelable, avec un fort potentiel de développement très élevé : le gaz vert ou gaz renouvelable.

Le gaz renouvelable, neutre en CO2, peut être issu de trois filières distinctes.

La première et la plus connue est la méthanisation de matières organiques. Le gaz obtenu, aussi appelé biogaz ou biométhane, provient de la transformation de matières organiques qui peuvent être issues de l’agriculture, de l’industrie, de déchets ménagers ou de déchets de collectivités. La digestion par des micro-organismes, en absence d’oxygène, de ces déchets produit du biogaz. Ce dernier peut être purifié pour atteindre la qualité du gaz naturel. On l’appelle alors « biométhane ». Une fois épuré et odorisé, il peut être injecté dans les gazoducs.

La deuxième consiste en une gazéification des matières ligneuses, essentiellement le bois, et permet d’obtenir un gaz « pauvre ». Celui-ci, après une opération de lavage et d’épuration, suit un processus de méthanisation permettant d’obtenir du gaz « riche », essentiellement du méthane, qui peut-être alors lui aussi être injecté dans les réseaux.

La troisième filière, la méthanation, est la plus récente et permet d’obtenir du gaz de synthèse à partir d’électricité renouvelable produite en excès. En effet, il arrive que l’électricité renouvelable, énergie intermittente et imprévisible comme le solaire et l’éolien, ne puisse être ni consommée, ni stockée dans des conditions économiques acceptables. La technologie «Power to Gas » permet de remédier à cette situation en utilisant ce surplus d’électricité renouvelable pour produire de l’hydrogène (par électrolyse de l’eau). L’hydrogène est ensuite combiné avec du gaz carbonique (CO2) pour obtenir du méthane de synthèse, c’est-à-dire un gaz neutre en CO2. De nombreux projets pilote existent en Europe, dont celui de Falkenhagen en Allemagne auquel participe Gaznat par le biais de sa filiale Swissgas.

En 2016, le biogaz de production suisse injecté dans le réseau s’est inscrit à 308 GWh, en hausse de 18% par rapport à 2015. En Europe, l’Allemagne est le principal producteur de biogaz, suivi du Royaume-Uni, de l’Italie et de la France.

Le biogaz peut être valorisé dans de nombreux usages comme le chauffage, la production d’électricité ou la mobilité au gaz naturel/biogaz.

L’Association Suisse de l’Industrie Gazière (ASIG) encourage le développement des installations de production de biogaz grâce à son Fonds Biogaz qui subventionne les nouvelles installations. En 2016, le fonds a versé CHF 2,8 millions d’aides.